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Saturday, January 28, 2023

Comment l’espoir du Canadien Lane Hutson a pris la NCAA d’assaut

BOSTON – Dans les entrailles du Agganis Arena se trouve un spacieux gymnase où s’entraînent les équipes masculine et féminine de hockey de l’Université de Boston. C’est le terrier des Terriers. De grandes baies vitrées nous permettent de voir tout l’équipement à l’intérieur et ceux qui les utilisent.

Au lendemain d’un match à l’Université du New Hampshire, au début décembre, les Terriers se préparaient en vue de leur match retour face à UNH. Plus de deux heures avant la rencontre, trois ou quatre joueurs de l’Université de Boston allaient et venaient dans le gymnase. Parmi eux se trouvaient Lane Hutson, choix de deuxième ronde du Canadien (62e au total) au dernier repêchage.

Il était complètement absorbé par sa préparation.

L’équilibre peut être difficile à trouver entre entretenir la passion pour le sport et le désir de s’améliorer, et laisser de la place pour autre chose afin que le hockey ne nous étouffe pas. Hutson assure qu’il n’est pas du genre à ruminer des mauvais jeux pendant des semaines, mais il se nourrit de tout ce qu’il vit et, oui, il prend le hockey assez sérieusement.

« Quand il est arrivé, il était très silencieux. Très silencieux, confie son partenaire en défense Case McCarthy. Plus j’ai appris à le connaître, plus il s’est ouvert. En fait, en coulisses c’est un jeune qui est drôle, qui est vraiment drôle. Je veux dire, c’est tout le temps à propos du hockey avec lui, mais c’est plaisant d’en parler avec lui, d’échanger des idées avec lui. »

Hutson dit qu’il est « all business » dès le moment où il se présente à l’aréna, et que cela reste ainsi jusqu’à la sirène finale. Mais quelque chose nous dit que le hockey est dans son esprit à longueur de journée.

L’arrière de 18 ans est originaire du Michigan et il décrit sa famille comme une « super maison de hockey ». Ses trois frères jouent – Quinn est d’ailleurs son coéquipier à l’Université de Boston – son père a joué longtemps et il est désormais entraîneur, tandis que sa mère, qui était gymnaste à l’université, est elle-même une personne très compétitive.

Hutson estime que la palme de la personne la plus intense dans la maison est partagée entre son père et lui.

« Mais c’est probablement lui », convient-il.

On a fait grand état du gabarit de Hutson qui, à 5’9 et maintenant 155 livres, serait le plus frêle défenseur de la Ligue nationale s’il devait y être catapulté aujourd’hui. Hutson ne peut rien faire par rapport à sa grandeur, mais il a déjà ajouté quatre ou cinq livres de muscles depuis le début de la saison. Ce sera un processus graduel et rien ne presse dans son cas.

Sauf que Hutson ne s’affaire pas à lever de la fonte cet après-midi. Il se déplace dans le gymnase, un bâton de hockey à la main, et manipule une balle de tennis en faisant un petit slalom autour d’une colonne et entre divers objets.

« Je me délie les mains avant les matchs et je m’amuse un peu aussi. Il faut que le hockey soit amusant, nous dit Hutson. Avant le match, je vais niaiser avec une balle de tennis qui rebondit sur mon bâton, je la kicke un peu. J’essaie de faire travailler mes poignets et mon esprit. »

Peu importe le poids qu’il ajoutera dans les prochains mois, dans les prochaines années, Hutson est destiné à devenir chez les professionnels l’un des plus petits défenseurs du circuit. Et s’il atteint la LNH, il sera une exception au même titre que Jared Spurgeon, Torey Krug et Quinn Hughes.

S’il atteint la LNH, ce sera grâce à sa tête, grâce à ses pieds, et grâce à ses mains.

Ce sont ces outils-là qui lui ont permis de récolter 18 points à ses 16 premiers matchs avec l’Université de Boston, une cadence de 1,13 point par match qui le place au premier rang de la NCAA parmi les défenseurs réguliers de première année.

Et ce sont ces outils-là qui pourraient lui permettre au cours des prochaines heures de décrocher un poste au sein de l’équipe nationale américaine en vue du Mondial junior.

On peut bien s’attarder à sa taille ou à sa largeur d’épaules, mais si l’on veut vraiment comprendre quel genre de joueur est Lane Hutson, c’est la tête, les pieds et les mains qu’il faut regarder.

Le terme « positionless hockey » (le hockey sans position) est en vogue en ce moment. Non, ce n’est pas un nirvana du hockey où les joueurs font ce qu’ils veulent et ignorent leur position pour laisser toute la place à une créativité débridée. Il y aura toujours des rôles à remplir sur une patinoire, des tâches à exécuter, et les joueurs doivent être sur la même longueur d’onde pour s’assurer que tous ces rôles sont comblés. Mais l’idée du hockey sans position, surtout en zone offensive, équivaut à laisser les joueurs inverser leur position, et laisser plus librement les centres devenir des ailiers, les ailiers devenir des centres, et surtout, laisser des défenseurs se porter profondément en attaque en sachant que des attaquants sont là pour couvrir leurs arrières.

Donc ce n’est pas tant qu’il cesse d’y avoir des positions que la façon dont elles sont occupées devient de plus en plus interchangeable.

Le directeur général des Red Wings de Detroit, Steve Yzerman, suggérait récemment sur les ondes du réseau TNT que le hockey était présentement en transition et que ces permutations, ces valses incessantes, étaient à la source de la récente injection d’offensive dans la Ligue nationale.

Or, le style de jeu de Hutson convient parfaitement à cette nouvelle façon de jouer, car il a la tête, les pieds et les mains pour le faire.

« Je pense qu’on voit de plus en plus de défenseurs aujourd’hui qui mènent l’attaque, souligne l’ancien attaquant Jay Pandolfo, qui dirige Hutson à l’Université de Boston. On le voit beaucoup plus dans la Ligue nationale – les Makar, les Josi… – mais Lane est dans ce moule-là, où il dirige l’attaque depuis l’arrière. Il y a des fois où c’est lui qui va mener la charge parce que son jeu de transition est tellement rapide. En zone offensive, tu le vois derrière la ligne de but, derrière le filet, en train de faire des jeux. C’est une sorte de nouvelle façon de jouer. Les équipes se défendent si bien maintenant qu’il faut qu’il y ait du mouvement et des changements, avec des attaquants en haut et un défenseur en bas. Je pense que c’est la nouvelle façon de jouer, et Lane est excellent là-dedans. Son QI hockey est hors norme, donc c’est un plaisir de l’observer et de le coacher. »

La séquence suivante, tirée de l’affrontement du 4 décembre face à UNH, nous en donne un bel aperçu (Hutson porte le No. 20 en blanc) :

Le directeur du développement hockey du Canadien, Adam Nicholas, est en contact avec Hutson et fait valoir auprès de lui certains aspects du jeu très techniques qu’il veut le voir exploiter. Il ne cherche pas autant à corriger ses faiblesses qu’à investir dans ses forces, et une séquence comme celle-ci, même si elle n’a pas mené à un but, reflète bien le genre de dynamisme que Nicholas encourage chez lui.

« Il y a un truc qu’il me dit et où je me suis amélioré, c’est de combler des espaces à mesure que le jeu se développe offensivement, a dit Hutson. Si tu vois une ouverture et que tu vois que tu peux aller soutenir l’attaque, et que ça ne te coûtera pas cher d’y aller, tu dois y aller. »


Lane Hutson s’entretient avec Adam Nicholas au camp de perfectionnement du Canadien (L’Aréna des Canadiens inc.)

Au sortir d’un symposium organisé par les entraîneurs de USA Hockey à Boston, le matin du match retour entre B.U. et l’Université du New Hampshire, l’entraîneur-chef des Bruins de Boston Jim Montgomery a lui aussi abordé ce style de jeu de plus en plus fluide et de plus en plus transitionnel.

« Les joueurs qui ont grandi avec ça sont habitués, et je pense que c’est pour ça que le jeu s’accélère, et que les joueurs sont physiquement plus rapide qu’il y a dix ans, a observé Montgomery. Mais le plus important, c’est que tout le monde joue plus vite. »

Hutson donne en effet l’impression d’être un joueur qui a non seulement le sens du hockey dans son ADN, mais qui a grandi en développant cette façon de jouer.

Il ne s’agit plus juste d’avoir un défenseur qui appuie l’attaque en deuxième vague et qui s’avance pour s’offrir en option de passe, ou même pour récupérer un long retour. Dans la séquence précédente, vous voyez Hutson quitter la ligne bleue dès le moment où l’attaquant Ethan Phillips remonte la zone et qu’un secteur a besoin d’être comblé.  Même si le jeu finit par avorter et que Hutson est profondément en zone adverse lorsque UNH reprend le disque, des coéquipiers veillent au grain en défense.

Et lorsqu’il y a une reprise de possession, c’est de nouveau Hutson qui lance l’attaque, flanqué de Phillips, celui-là même avec qui il avait permuté l’instant d’avant.

C’est le cerveau qui reconnaît, c’est le cerveau qui mène.

Les décisions se prennent en une fraction de seconde, mais il s’assure toujours que quelqu’un couvre ses arrières avant de s’impliquer dans un jeu où il a de bonnes chances de stimuler la possession de rondelle ou, au pire aller, là où le fait de s’être aventuré ne causera pas de tort à l’équipe.

On imagine que cela a constitué une adaptation pour l’équipe de Jay Pandolfo dans la mesure où le plus jeune joueur de l’équipe, l’un des derniers arrivés, voit le jeu à un très haut niveau, prend énormément d’initiatives, et a besoin que ses coéquipiers comprennent ce qu’il cherche à faire s’ils veulent le supporter adéquatement.

Ceux qui jouent avec lui depuis longtemps, comme Devin Kaplan, savent où le trouver, mais il a un peu fallu que les Terriers apprennent à jouer avec lui.

« Je pense qu’ils commencent plus à comprendre que s’il a la rondelle, il faut essayer de trouver un espace, une ouverture, et ne pas encombrer la glace, a dit Pandolfo. Tu veux trouver des lignes de passe et trouver des endroits d’emplacements parce que, plus souvent qu’autrement, il va te trouver.

« Alors je pense que nos gars s’habituent à sa façon de jouer : tu sais qu’il va garder la rondelle pour un petit bout, mais sois prêt parce que la rondelle peut arriver sur ton bâton quand tu ne t’y attends pas. J’ai vu ça arriver cette année. Évidemment il produit à un rythme élevé pour nous, mais il a aussi fait de très, très bons jeux que les gars n’ont pas terminés parce qu’ils n’étaient pas tout à fait prêts et ils ne s’y attendaient pas. »

Pour ceux qui prennent des notes à la maison, ce détail-là est une bonne nouvelle.

Son frère Quinn, qui en est également à sa première année à l’Université de Boston même s’il est de deux ans son ainé, n’a pas de difficulté à comprendre ce que Lane essaie de faire. On le voit ici (No. 17 en rouge), à l’aile droite, qui prend son envol en même temps que Lane décampe, et qui module sa vitesse afin de toujours garder ouvert le corridor de passe.

Ce but de Phillips réunit les trois éléments fondamentaux du jeu offensif de Hutson: son intelligence du jeu, le coup de patin furtif et un habile maniement de rondelle.

« Ils ont placé leur ailier tout juste derrière leur centre et j’ai vu un espace s’ouvrir le long de la rampe, a expliqué Hutson. Je sais que si je peux bouger mes pieds vers la zone adverse et pénétrer l’enclave, je vais pouvoir me créer plus d’espace. Et puis j’ai vu une ligne de passe avec mon frère et il était là pour la recevoir, alors ça a donné un assez bon jeu. »

Des défenseurs comme Cale Makar et Adam Fox sont à l’avant-scène de ce nouveau hockey et sont parfois décrits comme des « rovers » en raison du caractère changeant de leur positionnement. Hutson ne raffole pas de ce terme, préférant se définir comme un joueur qui lit bien le jeu et qui remplit des corridors et qui trouvent des espaces libres.

Cela dit, même s’il n’oserait pas se placer au niveau de ces deux supervedettes, Huston estime que certains éléments très précis de son jeu se retrouvent chez l’un ou l’autre.

« Je pense que je peux certainement avoir un mélange de ce qu’Adam Fox fait et de ce que Cale Makar fait, a dit Hutson avec confiance. C’est évident que ce sont des joueurs super talentueux, et si je peux devenir la moitié de ce qu’ils sont… ils sont assez spéciaux. J’aime vraiment regarder ces gars-là. Adam Fox, la façon dont il est si trompeur avec ses yeux, ses pieds, sa tête, ses épaules, tout est en finesse et si sans effort. Et puis Cale Makar, tu vois la puissance dans ses lames. Il explose de la ligne bleue, il est très smooth, très furtif, et il est capable de bien tirer la rondelle et de marquer des buts. »

En raison de sa stature, on a souvent fait le parallèle entre Hutson et Torey Krug, un défenseur très compétitif dans les trois zones. Hutson n’a cependant pas un lancer aussi puissant que Krug ni un même niveau de robustesse pour son gabarit. En revanche, son agilité sur patins est probablement supérieure à celle du défenseur des Blues de St-Louis et ancien des Bruins.

L’Université de Boston a la chance de compter sur deux arrières de petite stature dont le style de jeu décontenance l’adversaire. Le capitaine Domenick Fensore, un choix de troisième ronde des Hurricanes de la Caroline en 2019 qui dispute sa quatrième saison à B.U., est une petite fusée de 5’7 qui génère beaucoup d’offensive grâce à sa vitesse. Fensore dirige la première unité d’avantage numérique et Hutson la seconde, et à eux deux, ils mettent souvent l’adversaire sur les talons.

L’attaquant Liam Devlin, de l’Université du New Hampshire, estime que Fensore et Hutson sont dans une classe à part quand vient le temps d’identifier de possibles rovers dans la division Hockey East.

« Je dirais que Fensore est un patineur plus rapide et plus lisse, mais Hutson est plus rusé, a noté Devlin. Il n’a pas l’air aussi rapide, mais il peut décoller. Il a l’air d’aller lentement, puis il te fait une feinte avec son épaule et il part dans l’autre sens. »

Devlin essaie de se concentrer à observer le torse de Hutson quand celui-ci manœuvre la rondelle, car « si tu gardes les yeux sur la rondelle, il va te faire mal paraître ». Le travail de lames, les pivots, les changements de direction, Hutson déploie tout un arsenal avec ses pieds pour tromper l’adversaire. Mais cela vient en combinaison avec ce que sa tête et ses épaules essaient de faire croire à ses opposants.

Par moments, l’arrêter équivaut à vouloir emprisonner de l’eau dans le creux de notre main.

« Il s’améliore de match en match, et c’est épeurant de penser à quel point il peut être bon à seulement 18 ans et avec ses qualités de patinage, a soutenu McCarthy, son partenaire en défense. On fait des blagues là-dessus, mais de voir qu’il réussit à tromper trois joueurs et à trouver une ligne de passe avec juste une seule feinte de la tête, c’est vraiment impressionnant à regarder.

« La moitié du temps, le gars trouve des lignes de passe auxquelles je n’aurais même pas pensé. »

Dans le match du vendredi au New Hampshire, le capitaine des Wildcats, Chase Stevenson, a été victime de l’une de ces fameuses feintes quand Hutson a voulu se frayer un chemin vers le filet.

Stevenson a mordu, mais la circulation devant le filet et le positionnement du gardien ont découragé Hutson de tirer au but. Il a plutôt trouvé une option de passe dont il a habilement profité grâce à ses mains. C’était tout simplement le jeu offrant le plus haut pourcentage de réussite. Et une fois de plus, au lieu de retraiter rapidement dans le haut de la zone, le défenseur de 18 ans s’est retrouvé derrière le filet pour travailler à une nouvelle chance de marquer.

« Il est comme un meneur au basketball, il a possession de la rondelle et il prend l’adversaire à contrepied, a décrit Pandolfo. Les dribbles en croisé, toutes sortes de… Il me fait vraiment penser à un meneur de jeu par moments. C’est un joueur unique. Je n’ai pas vu beaucoup de gars qui jouent comme lui. »

 

Le jeudi suivant, Hutson a retrouvé son entraîneur-adjoint Kim Brandvold pour passer en revue les deux matchs qu’il venait de disputer le week-end précédent face à la formation la plus faible de la division Hockey East. Hutson ne rate jamais ce rendez-vous hebdomadaire où il s’assoit avec le responsable des défenseurs et décortique ses matchs avec lui.

Hutson a beau être dominant offensivement dans le réseau universitaire, il sait qu’il a de l’apprentissage à faire au plan défensif.

« Je pense que la grosse affaire pour lui, c’est qu’il faut d’abord être capable de défendre en tant que défenseur au niveau de la Ligue nationale, a rappelé Pandolfo. Depuis le premier jour, il s’est beaucoup amélioré. Il y travaille. Le contrôle de son écart avec l’adversaire est meilleur, et ça l’aide parce qu’il est très intelligent, il utilise son bâton et ses angles d’approche sont très bons. C’est quelque chose qu’il continue de travailler en zone défensive. Il ne va pas dominer beaucoup de gars physiquement, mais il va utiliser son intelligence et refermer leurs options rapidement, prendre de bons angles, les contrer avec un bon bâton, et c’est ce qu’il a fait. »

Hutson estime avoir fait des progrès depuis le début de la campagne à tuer les jeux de l’adversaire. Dans les premiers matchs, il était trop agressif dans la façon dont il refermait l’écart avec le porteur de la rondelle, puis il se retrouvait inutilement dans des batailles physiques qui ne l’avantageaient pas. Il dit avoir appris à travailler de façon plus intelligente lorsque l’adversaire attaque.

« Je pense que d’abord et avant tout, je défends avec mon esprit et avec mes pieds, a précisé Hutson. Je dois voir le jeu, je dois voir où je vais pouvoir contrer l’adversaire, et après j’utilise mes pieds pour y arriver, et je me mets aux bons endroits. Évidemment, les détails du bâton sont énormes, mais le bâton, je pense, est secondaire par rapport aux pieds. »

Il s’agit d’une suite logique : bien lire le jeu, se rendre là où il doit intervenir, et ensuite utiliser son bâton. C’est un peu de cette façon-là que Fox s’y prend pour défendre avec les Rangers de New York. Hutson ne peut pas espérer s’en tirer seulement en subtiliser la rondelle à l’adversaire comme il réussit à le faire trois ou quatre fois par rencontre. Il doit aussi se mettre en position pour y parvenir.

Lorsque nous avons demandé à Jim Montgomery si le hockey sans position allait favoriser les plus petits défenseurs, leur donner de nouvelles opportunités à l’échelle de la Ligue nationale, le pilote des Bruins a fait une mise au point importante qui allait dans le même sens.

« Oui, mais je dirais surtout que le coup de patin va être la partie la plus importante, a dit Montgomery. Que tu mesures 5’11 ou 6’3, le fait que tu puisses patiner et défendre de cette manière-là est plus important que l’aspect offensif. Parce que l’aspect offensif, c’est plus ton anticipation en attaque, savoir reconnaître les trous. Défensivement, c’est ta capacité à patiner, parce qu’on a beau parler de ‘stick on puck‘, tu dois d’abord éliminer le temps et l’espace avec tes pieds, puis tes angles, et ensuite ton bâton intervient entre les deux bras de ton adversaire. »

En dépit d’un gabarit défavorable, Hutson dit ne pas avoir été frappé très souvent depuis le début de la saison. Lorsque les matchs gagnent en intensité, il sait qu’il doit être sur ses gardes, et également demeurer vigilant lorsqu’il reprend possession du disque dans son territoire et que l’autre équipe s’amène en échec-avant.

Il n’y a pas de secret : l’adversaire va chercher à le fatiguer et à le ralentir.

« Tu essaies de l’amener dans un coin et de terminer ta mise en échec le plus possible, juste lui rendre la vie la plus dure possible ce soir-là, a expliqué Devlin. Il aime patiner et se déplacer un peu partout, alors si tu peux être physique face à lui et le ralentir, ça embrouille son jeu un peu. C’est important quand tu joues contre lui. »

Au moment de le repêcher en juillet dernier, le co-directeur du recrutement amateur du Canadien, Nick Bobrov, avait indiqué que Hutson n’était pas encore pleinement développé physiquement, et qu’on pouvait espérer une certaine maturation chez lui. Mais Hutson ne sortira pas l’université en ayant grandi de quatre pouces et en ayant pris 35 livres juste parce que le calendrier de la NCAA lui aura permis de passer plus de temps en gymnase. La vraie différence, le véritable gain qu’il peut faire d’ici son passage chez les pros, c’est de développer une façon viable de se défendre en dépit de son physique, de maximiser son efficacité et de faire en sorte que cela le mène à une relance offensive le plus vite possible.

« Il a le talent, les habiletés, et il a un peu une ‘fuck you attitude‘, nous a dit un dépisteur d’une autre organisation à son sujet. Il ne veut pas que sa grandeur soit un facteur négatif. Il est combatif, il monte sa rondelle, il fait son jeu, il revient à 150 miles à l’heure, il est dans la face du gars… C’est sûr qu’à un moment donné, la grandeur peut jouer contre lui, mais si tu as à miser sur un petit défenseur, tu te dis: mieux vaut miser sur lui. Il y a du caractère dans son jeu. »

Et dans les prochaines semaines, c’est l’équipe nationale junior des États-Unis qui risque de miser sur ce caractère et sur ce talent si particulier.

(Photo: Kyle Prudhomme/gracieuseté de l’Université de Boston)



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